RESTEZ EN VIE !!!
C KI SAM ?
Victimes d'un accident de la circulation provoqué par une personne en état d'alcoolisation avérée, Fred & moi avons failli perdre la vie. Hospitalisés avec un pronostic vital engagé, nous avons vécu le drame.

En effet, un dimanche de juin 2010 au petit matin, un véhicule est venu percuter la camionnette remplie du matériel de sono, disques, etc... Fred était mon passager et j'étais au volant. Le conducteur ivre est venu nous percuter de plein fouet; il roulait simplement en contre sens sur notre voie de circulation. L'inévitable choc a été d'une violence qui dépasse tout entendement.

En quelques secondes notre vie a basculé : Tous deux étant Pères de famille, ce sont nos deux foyers qui ont été complètement bouleversés.

La vie ne tient qu'à quelques secondes. Celles qui se sont écoulées entre le départ du feu - au niveau du moteur sous la cabine de la camionnette dans laquelle nous étions emprisonnés - et notre extraction en urgence par les moyens du bord.

J'entendais Fred qui hurlait et demandait secours auprès du véhicule qui venait de nous percuter. De mon côté, je cherchais désespérément à me détacher de cette ceinture qui me maintenait fermement au siège et tentais en vain d'ouvrir cette portière qui demeurait coincée dans cet effroyable amas de tôles froissée qu'était devenue la cabine.

Dans le plus grand désespoir et puisque le seul but dans ces secondes là est de sauver nos vies coûte que coûte et ne pas finir carbonisés dans l'incendie qui allait prendre forme, j'ai désespérément donné un violent coup de coude dans la vitre de la portière qui est restée immobile à la première tentative. Elle s'est enfin pulvérisée au second essai désespéré. De son côté Fred tentait d'étouffer les premières flammes avec un morceau de chiffon.

Je tente de me lever mais une douleur insupportable me fige sur place, remontant de mes jambes. Entre temps je sens dans ma bouche une dent à moitié détachée et par peur de l'avaler, je finis de l'arracher avec une facilité surprenante. Mes doigts sont pleins de sang, j'ai un mal fou à m'exprimer. Fred de son côté n'a plus de souffle lorsqu'il tente de me parler, sa voix est très faible. Nous sommes en état de choc.

Pourtant il faut sortir de ce qui pourrait devenir notre cercueil. Le feu s'aggrave, les flammes montent. À ce moment, les crépitements provenant du moteur sont de plus en plus proches, je sens la chaleur sous les pieds, je vois les flammes sortir du plancher...
Il faut sortir de là. Tant pis pour les douleurs, si je reste assis dans ce siège, je vais crever et personne pour le moment ne nous porte assistance. Je m'empare violemment du rebord de la fenêtre afin de me hisser avec les bras, tentant de soulager le poids que je ne puis supporter sur mes jambes. Mon bras gauche me fait horriblement souffrir mais c'est le seul qui tient encore un peu la charge. Je bascule par la vitre de la portière pendant que Fred me dégage le pied droit qui était resté coincé dans la tôle du véhicule. Apparemment ma jambe droite est malléable comme du caoutchouc.

Lorsque je tombe au sol, à côté de la camionnette, je fais le point sur mes blessures...
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Ce qui va suivre est le récit qui suit l'accident.
J'ai volontairement réduit la taille des pages afin d'avoir un lien "suivant" et vous laisser le choix de poursuivre cette lecture, ou non.

Je vous préviens de suite que certains passages risquent d'être difficilement soutenables si vous avez le cœur sensible.

J'ai écrit tout ceci afin d'exorciser ce qui nous est arrivé, et d'essayer de mieux dormir la nuit peut être; mais surtout pour tenter de vous sensibiliser sur les dégâts que provoque l'alcool au volant.

Bon sang : Quand vous avez bu, ne conduisez plus... Dormez sur place ou faîtes-vous raccompagner!!!

...Lorsque je tombe au sol, à côté de la camionnette, je fais le point sur mes blessures.
Constat immédiat des blessures
Ma jambe droite est complètement fracassée, je vois d'ailleurs un morceau d'os en sortir. Mon pied droit est complètement désaxé, je vois en ce moment ma semelle. Je me dis que si je m'en sors, ils la couperont sûrement. Ma jambe gauche n'est pas en bien meilleur état. Le bras droit saigne, une grande plaie très profonde à proximité du coude. Le plus dur est au niveau de la bouche, pleine de sang, j'ai l'impression que ma lèvre inférieure est coupée en deux. Je perds beaucoup de sang.

Dans une tentative désespérée, je tente de me hisser de nouveau pour aller secourir Fred mais mes jambes ne répondent plus, je m'écroule au sol, les douleurs deviennent insoutenables. je crie à Fred "je ne peux pas t'aider", il me répond au loin dans le crépitement des flammes qu'il a réussi à sortir lui aussi... Soulagé, je reste allongé au sol. J'entends des voix, à priori des gens sont arrivés au secours, à notre secours.

Je vois mal, mes lunettes ayant été éjectées avec le choc, tout est flou autour de moi. Malgré cela, je vois que la voiture qui nous a percuté est venue s'encastrer au-dessous de la camionnette, faisant remonter ainsi le bloc moteur. Est-ce cela qui m'a brisé les jambes?


Les deux véhicules forment un barrage et coupent la route en deux. Ils bloquent ainsi toute navigation entre Fred et moi. La violence a été telle pendant l'impact que j'ai eu une sensation nette d'avoir reculé et bougé dans un axe de rotation, certainement dû à la décélération jusqu'au retour à l'inertie. Le choc a été accompagné d'un bruit d'une extrême violence et m'a semblé durer des poignées de secondes toutes entières pendants lesquelles rien n'était plus contrôlable.

Pendant ce temps là, le feu a bien pris et la cabine est sous les flammes. La chaleur commence a être assez forte.
À ce moment précis, je me dis que si je reste allongé à côté de cette camionnette, tout pourrait exploser. Je décide donc de tenter un déplacement mais impossible de ramper. Je réunis toutes mes forces afin de faire demi tour sur moi même. j'ai bougé de 50cm à peu près; ce sont toujours 50cm qui me séparent un peu plus du camion. je refais encore un demi tour; je suis maintenant à 1 mètre du camion.

Tout à coup, un pneu éclate sous la chaleur. Cette détonation me fait prendre conscience que je suis encore bien trop près du véhicule en flammes. Je réitère l'opération du demi-tour, à plusieurs reprises. Les douleurs sont de plus en plus vives mais il vaut mieux être mal en point qu'être mort. Me voici à plusieurs mètres de la fournaise qui prend une ampleur démesurée.

Second pneu qui éclate, je suis au sol, près du fossé et me dit que je suis en vie, je n'ai plus aucune nouvelle de Fred et ne l'entends plus, je n'entends d'ailleurs plus personne puisque les flammes ronflent dans un bruit assourdissant. Je regarde cette camionnette brûler sans pouvoir rien faire. Tout mon matériel de sonorisation est dans ce camion. Pire, tous mes disques, près d'un millier de CD collectionnés depuis maintenant près de 18 ans d'activité. Tout est en train de brûler... Je regarde avec impuissance et effroi ce carnage...

La fournaise dégage dorénavant une chaleur de plus en plus intense. Les flammes se sont propagées aux deux véhicules. Je repense encore à un risque d'explosion et me dit que si cela devait se produire, je ne serait pas bien plus en sécurité, même à quelques mètres du véhicule. Je refais un dernier tour sur moi-même afin de tomber dans le fossé qui était à proximité. Je me suis mis "en sécurité", je suis maintenant en contre-bas du bûcher.
Premiers secours
Je suis allongé dans le fossé et regarde le ciel. Je fixe la ligne à moyenne tension qui passe au dessus de ma tête; ces 3 câbles qui me rappellent les 3 personnes qui m'attendent à la maison, ma compagne et mes deux filles. Bon sang, ma toute petite, elle n'a qu'un an et demi, je revois son sourire et me met à pleurer. J'ai tout simplement peur de mourir.

Et si personne ne venait à temps et qu'on se vidait de notre sang ?

Soudain, j'entends la voix d'un homme, qui parle au téléphone en s'approchant de moi "j'en ai un autre ici aussi, il est très mal en point mais il est en vie".
"ça va monsieur, vous m'entendez?" Je suis conscient et quelqu'un a prévenu les secours.

Il s'agît des voisins proches des lieux de l'accident, ils ont entendu le bruit atroce et ont accouru nous porter secours. Plus tard, ils me confieront au téléphone qu'au moment où ils sont sortis, le camion était déjà bien en flammes. Je me rends compte à ce moment que si j'avais perdu connaissance, c'en aurait été fini pour moi!!!

Ce monsieur me tient éveillé en attendant l'arrivée des secours. Moins de 10 minutes m'ont semblé s'écouler et j'entendais déjà les bruits des sirènes et la manœuvre des véhicules d'intervention.

Lorsqu'ils sont venus me chercher, ils m'ont dit de surtout ne plus devoir bouger du tout d'1 cm et de ne plus parler que si s'en était strictement nécessaire. Brancards, hommes costauds, etc afin de me transférer et me hisser hors du fossé. D'autres véhicules arrivent en renfort pour l'incendie qui est de plus en plus spectaculaire.

Au total, 6 véhicules d'intervention dont une tonne à eau pour venir à bout de ce monstre de feu qui barrait la route.
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