RESTEZ EN VIE !!!
Dans l'ambulance...

Transféré au sein de l'ambulance du SMUR, tout s'agite autour de moi. Médecins du SAMU, Pompiers, Gendarmes... me tiennent éveillé et me demandent de décrire ce qui s'est déroulé.

Je tente de prononcer le numéro de téléphone de la maison afin de prévenir ma famille, ma bouche est en sang et j'ai la nette impression d'avoir un trou béant à même la mâchoire, mon doigt est passé entre la lèvre inférieure et la gencive. Je bafouille, je mime les numéros, parle lentement pour tenter d'être compris.
"Ve fuis difque vockey et ve rentrais de l'animafion d'un mariave hier foir et fette foifure et venue nous pervufer de flein fouet... Fred, est-ce f'il fa vien? il est en fie?"

On m'a dit que Fred était en vie, mais sans me dire si ça allait...
Je n'en ai pas eu de nouvelles depuis ce moment là, jusqu'à celles que j'ai eu à l'hôpital par nos familles respectives quelques jours après.
Rapidement de mon côté les constats sont établis : de gros fracas, je me retrouve ainsi emmitouflé dans une coquille afin de démarrer près d'une heure et demi après vers les Hôpitaux.
Arrivée aux urgences, prise en charge, scanner, IRM, radios et puis diagnostic tombé: on ne peut pas vous gérer ici, il faut vous transférer dans un hôpital plus grand.

Petite liste non exhaustive : fracture ouverte des 2 jambes, fracture de la cheville, fracture de la mâchoire, fracture ouverte de la mandibule (mâchoire inférieure), os saillants, fracture de la clavicule gauche, plaies profondes, contusions pulmonaires, raideur totale au niveau de la nuque, fracture articulaire du pouce gauche...
Du côté de la maison et de ma compagne, c'est l'angoisse totale lorsque le téléphone a sonné vers 9h du matin. La gendarmerie ne l'a pas prévenue (sans doute une erreur de numéro dans la panique), elle a donc seulement été alertée par la femme de Fred. Tout de suite il a fallu s'organiser, déposer les filles chez les grands parents, se faire accompagner à l'hôpital puisque son état de choc ne lui permettait évidemment pas de prendre la route.

Seulement voila, Fred et moi avons été envoyés à des hôpitaux différents; lui sur Bourg, moi sur Mâcon et nos familles n'en savaient rien. Arrivées sur Bourg et après une bonne demi-heure de stress et de panique totale, on aiguille enfin ma compagne sur le bon hôpital. Retour sur Mâcon.

Il est un peu plus de 11h et j'attends sur un brancard mon départ vers les grands hôpitaux de Lyon. Ma compagne vient me rejoindre et me découvre complètement esquinté et vidé de toute énergie, recouvert de la tête aux pieds et bloqué dans une immense minerve qui me maintenait la tête en place.
Un peu plus de 14h et c'est le départ pour Lyon.

Un hélicoptère est venu me chercher. Je vais être héliporté sur Lyon pour les interventions. À ce moment, précis, je me dis que mon état doit être bien grave. Moi je n'ai pas encore le détail des fracas.

Le transport s'est déroulé en 17 mn chrono, (vive l'hélicoptère) mais non sans douleurs. Arrivée sur Lyon, salle de "déchocage" et entrée au bloc opératoire pour à peu près 2 heures d'interventions. En réalité, 2 interventions vont se réaliser à la suite l'une de l'autre.

lorsqu'on me réveille, ma sœur ayant été prévenue de l'accident a fait le trajet remontant ainsi de Valence. Ce n'était pas un mauvais rêve, tout cela était bien réel.

On me place sous doses monstrueuses de morphine; je vois les murs qui se déforment. Dès que je ferme les yeux, j'ai des images de cauchemar qui défilent en permanence dans ma tête. Je suis placé sous oxygène, perfusions diverses et sous surveillance constante et intense.

Le lendemain (lundi matin), retour au bloc opératoire pour la 3ème intervention et la seconde anesthésie générale. Je ne suis réveillé que le mardi matin (maintenu 24h en "sommeil"), je suis intubé de partout et branché à un respirateur. Mes mains sont attachées au cas où je tire sur les tubes... Je ne vois pas passer le mardi après-midi tellement je suis shooté aux médicaments anti-douleurs et antibiotiques.

La jambe droite n'a pas encore été opérée puisque l'exposition des os à l'air extérieur était supérieure à 8 heures donc il y avait un très gros risque d'infection.
Enclouage de la jambe fracassée
Puis vient le mercredi en fin d'après-midi la quatrième intervention au bloc opératoire et donc ma troisième anesthésie générale. Encore une grosse intervention où la jambe droite est opérée, ostéosynthèse du tibia fracturé à 3 endroits, suivie de l'intervention sur la malléole interne (composante de la cheville) qui a été fracturée en 5 segments.

On me réveille pour de bon dans la nuit du mercredi au jeudi (j'ai le vague souvenir d'un mauvais réveil où j'ai été de nouveau replongé en "sommeil" suite à cette dernière intervention) mais cette fois-ci branché à un respirateur artificiel, celui qui se gonfle et se dégonfle à votre place en vous imposant sa cadence ... Là, ça n'allait pas du tout; j'ai même le souvenir d'avoir vomi dans cette machine car j'avais besoin d'air et j'avais la nette sensation d'en manquer, d'étouffer...
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